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samedi 3 septembre 2011

LE POIDS DES SECRETS, 5 tomes, Aki Shimazaki *****

Actes Sud - Oct 2005
L'auteur en quelques mots...Née au Japon, Aki Shimazaki vit à Montréal depuis plus de dix ans.
Tsubaki est le premier volet de sa pentalogie Le Poids des secrets, qui comprend également Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru (tous publiés par Leméac/Actes Sud). Elle a remporté le prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec pour Hamaguri et le prix Canada-Japon pour Wasurenagusa.


Résumé :
A la mort de sa mère, une survivante de la bombe atomique de Nagasaki, Nakiko se voit remettre deux enveloppes. La première est adressée au frère de sa mère, dont Nakiko ignorait l'existence. La seconde contient une lettre dans laquelle la défunte révèle à sa fille le drame qui l'a hantée toute sa vie. 
Dans la lettre laissée à sa fille, Yukiko évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d'abord à Tokyo puis à Nagasaki.
Elle reconstitue le puzzle d'une vie familiale marquée par les mensonges d'un père qui l'ont poussée à commettre un meurtre. Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n'échappe à son destin
.       
Critiques:
Coup de coeur Fnac 2009

Mon P'tit Blog :
Au fil des cinq tomes qui déroulent l'histoire en progressant comme une caméra, l'auteur nous amène dans la vision qu'ont les japonais de la seconde guerre mondiale et du largage de la bombe atomique sur Nagasaki. Il aborde également les relations entre Coréens et Japonais de l'époque... Des petits livres très sensibles, tellement délicats et profonds que chaque personnage vous renvoie à une partie non encore dévoilée. Le fond de l'histoire n'a rien de réjouissant, mais on aime revenir sur ce passé avec toute la pudeur des sentiments évoqués et, n'est-ce pas le but de nos lectures, les sentir proches de nous. Un très beau moment de lecture.

vendredi 10 juin 2011

LA DISGRACE, J.M. Coetzee *****

Seuil 2002
Résumé : Un professeur de l'université du Cap, David Lurie, s'éprend d'une jeune étudiante. Cette histoire d'amour le contraint à démissionner. Il se réfugie dans l'arrière-pays, chez sa fille. Il tente d'y retrouver un sens à sa vie. Pas facile de croire encore à quelque chose quand même les campagnes de l'Afrique du Sud sont frappées par la violence qui domine le pays...

9e roman de l’écrivain sud-africain, prix Nobel en 2003, Disgrâce est aussi celui de la consécration, couronné du Booker prize en 1999 (pour la 2e fois après « Michael K, sa vie, son temps »). Il est adapté au cinéma en février 2010 avec John Malkovich dans le rôle titre. Souvent présenté (réduit ?) à une peinture économico-sociale de l’Afrique du Sud post-Apartheid (lui ayant même valu une accusation de racisme), Disgrâce comme son titre l’indique est avant tout le récit de la chute d’un homme. Un homme vieillissant qui s’enfonce peu à peu dans des ténèbres de plus en plus opaques. Un homme qui perd et va perdre encore plus et c’est en cela que le roman est particulièrement poignant et marquant, allant à l’encontre des romans de reconstruction habituels. Un roman intimiste qui interroge aussi la notion de désir masculin, d’instinct primitif, la morale, la vieillesse et les rapports de domination, de violence au sens large et surtout la condition féminine dans la société sud-africaine actuelle.



Mon P'tit Blog : Pour ceux qui verraient un rapprochement à toute situation actuelle médiatisée, je confirme certains rapprochements possibles dans l'analyse de la disgrâce...

vendredi 6 mai 2011

DANS LA MER IL Y A DES CROCODILES, Fabio Geda ****


Résumé :
Dix ans, ou peut-être onze. Enaiat ne connaît pas son âge, mais il sait déjà qu’il est condamné à mort. Être né hazara, une ethnie haïe en Afghanistan par les Pachtounes et les talibans, est son seul crime. Pour le protéger, sa mère l’abandonne de l’autre côté de la frontière, au Pakistan. Commence alors pour ce bonhomme «pas plus haut qu’une chèvre» un périple de cinq ans pour rejoindre l’Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce. Louer ses services contre un bol de soupe, passer les frontières dissimulé dans le double-fond d’un camion, braver la mer en canot pneumatique, voilà son quotidien. Un quotidien où la débrouille le dispute à la peur, l’entraide à la brutalité. Mais comme tous ceux qui témoignent de l’insoutenable, c’est sans amertume, avec une tranquille objectivité et pas mal d’ironie, qu’il raconte les étapes de ce voyage insensé.




Critiques :


«Un récit d’enfance hors du commun: magique.» Télérama
«Un roman dramatique traversé par la grâce et l’ironie.» Le Monde des livres «Si ce livre vaut pour la force de ce parcours, il tire aussi sa préciosité de sa valeur littéraire.» La Croix«C’est l’immigration soudain incarnée, avec une voix, une épaisseur déchirante.» Marianne
«Ce roman initiatique fort et émouvant est un livre utile, une leçon de vie.» Le Nouvel Observateur«L’émotion vient toute seule au fil des pages et des pas d’Enaiat. La poésie aussi.» Rolling Stone
«Le journal d’une aventure.» Le Canard enchaîné
«L’exploit de ce livre, c’est d’être à la fois un récit-vérité, mais aussi une histoire à l’incroyable force romanesque.» La Vie
«Impressionnant de courage et de dignité humaine.» L’Humanité
«Un véritable manuel de survie.» Canal +
«On est porté par l’émotion tout au long.» France Culture




Entretien avec Enaiat Akbari


Enaiat, racontez-nous dans quelles circonstances votre mère vous a abandonné?
Elle m’a emmené au Pakistan, est restée auprès de moi deux nuits, puis elle est partie. Et je ne l’ai pas vue depuis onze ans.
Comment avez-vous compris que ce geste était destiné à vous sauver?
Je lui ai écrit une lettre que j’ai essayé de lui faire passer par quelqu’un à Quetta. Cet homme m’a dit: «Reprends-la ; ta mère t’a fait un cadeau en t’amenant jusqu’ici. Elle t’a fait cadeau de ta vie en risquant la sienne.» C’était vrai…
Que seriez-vous devenu si vous étiez resté en Afghanistan?
Impossible de le savoir. Peut-être que j’aurais sauté sur une mine… Que je serais devenu kamikaze… Tout peut arriver à un enfant là-bas.
Qu’est-ce qui a manqué le plus à l’enfant que vous étiez?
En y repensant maintenant, je dirais : tout !
Vous semblez pourtant heureux?
J’ai toujours été heureux. J’étais chaque jour plus heureux parce que j’étais en vie.
A-t-il été difficile de raconter cette histoire?
Ça a été un gros effort. J’ai dû reconstruire une partie de ma vie, et sans Fabio Geda, je n’y serais pas parvenu. Je suis content de l’avoir fait, car cela me permet de faire comprendre aux autres la vie des immigrants, des immigrants afghans en particulier. Peu de gens se demandent quel est le passé d’un clandestin, pourquoi il est monté dans un bateau. Beaucoup oublient qu’il est difficile d’abandonner son pays, et que l’on ne vient pas en Europe pour vous embêter. Mais il y a des personnes pour qui tout cela a été bien pire. C’est aussi leur voix que j’ai voulu porter sur le papier.


Entretien avec Fabio Geda
Fabio, comment est né ce livre?
J’ai rencontré Enaiat il y a trois ans, au Centre interculturel de Turin. Il était en train de raconter son histoire, et moi j’étais là, avec mon éditeur. Nous avons eu un coup de foudre. Pas seulement pour le récit de ce voyage inouï, mais pour la façon dont il le racontait. Par le regard que, malgré tout, il parvenait à poser sur sa propre vie. Jamais compassionnel, mais décidé, authentique, et parfois même ironique. Il racontait en regardant vers l’avenir.
Que voulez-vous dire?
Je pense qu’il était conscient du fait que les histoires comme la sienne peuvent changer la façon dont on perçoit l’autre, l’autre différent de nous. Enaiat connaît la valeur des choses, et de la vie. La seule manière de pactiser avec son passé est de parvenir à le regarder de l’extérieur.Voilà pourquoi ce livre est né.
Comment avez-vous travaillé ?
Nous avons passé ensemble des jours et des jours. Ses souvenirs remontaient, confus et incomplets. Peu à peu, nous avons mis de l’ordre dans ce magma et reconstitué son parcours en cherchant sur Internet chaque étape. C’est là que le récit a commencé à surgir. En rentrant chez moi, je réécoutais ce que j’avais enregistré et j’essayais d’utiliser ses mots à lui. J’ai surtout tenté de me mettre à l’écoute des non-dits qui accompagnent toujours les récits. En cela, mon expérience d’éducateur m’a beaucoup aidé.


Mon P'tit Blog :
Qu'ajouter à tout cela ? Moi aussi j'ai senti de la poésie dans ce livre dans la détermination de ce jeune garçon qui ne pense qu'à vivre et survivre aux dangers qu'il rencontre. Il les traverse bravement et sa débrouillardise est un enseignement pour tous ceux qui s'apitoient sur leur sort au premier écueil. On peut croire aujourd'hui plus qu'hier que ces pays traversés donnent peu d'avenir à un enfant, mais s'ils produisent des tempéraments comme celui d'Enaiat, il y a un vrai questionnement ! Et l'on comprend mieux ce que peut être un clandestin grâce à lui. Connaître la valeur de la vie, c'est une richesse dans le regard que l'on devrait rencontrer plus souvent dans nos pays riches ....

dimanche 10 avril 2011

LE CHERCHE BONHEUR, Michael Zadoorian ****

Résumé :
Avis de recherche : Ella et John Robina, couple de citoyens américains à la retraite, vus pour la dernière fois au volant de leur camping-car le Cherche-bonheur, aux abords de Detroit. Si vous avez des informations, merci de contacter au plus vite leurs enfants au numéro qui suit…


Mon P'tit Blog :
C'est vrai ce n'est pas un livre d'une grande écriture avec un grand E, mais il traite d'un quotidien plein de charme et de tendresse où ces retraités là ne veulent pas prendre la place qui rassurerait leurs enfants et la société ! Ils sont gravement malades mais ils ne veulent pas mourir sans avoir rêvé encore et encore, et surtout par d'une morte bête et attendue ! Elle c'est un cancer sourd mais diagnostiqué et lui c'est Alzeihmer avec ce que la maladie peut engendrer en répétitions, légéreté et perdition... On apprécie ce road movie sur la route 66 où l'on vit et partage une certaine idée du bonheur. Ca donnerait presque envie d'en faire autant !

LE GARCON EN PYJAMA RAYE, John Boyne *****


John Boyne, Gallimard 2009
Résumé :
Vous ne trouverez pas ici le résumé de ce livre. On dira simplement qu'il s'agit de l'histoire du jeune Bruno que sa curiosité va mener à une rencontre de l'autre côté d'une étrange barrière. Une de ces barrières qui séparent les hommes et qui ne devraient pas exister.
Une lecture d'une force inoubliable.


L'auteur
John Boyne, auteur de sept romans, est né en Irlande en 1941 et vit aujourd'hui à Dublin. Traduit dans plus de 40 langues, Le garçon en pyjama rayé est un phénomène litté­raire international : best-seller en Espagne (2 millions d'ex, vendus, n° 1 des ventes en 2007 et 2008), aux États-Unis et en Grande-Bretagne (500 000 ex. vendus), il s'est écoulé à plus de 5 millions d'exemplaires dans le monde (6e meilleure vente de romans en 2008). Le livre fut couronné de deux Irish BookAwards, du Bisto Bookoftheyear (2007), du prix Tatoulu 2008 (catégorie 6e/5e) et sélectionné pour le British Book Award. Il a récemment été adapté au cinéma (Miramax). http://www.johnboyne.com/

Mon P'tit Blog:
Une preuve de plus pour lire à tout âge des livres ados ! Il est suprenant de revisiter l'histoire au-travers du regard de cet enfant, pas comme les autres, personnage principal du roman. La barbarie du lieu est à peine édulcorée par le regard simple et naïf de Bruno, qui pressent avec force que tout ce qui ne lui convient pas couvre une dose d'horreur inacceptable, alors qu'il n'aspire qu'à un essentiel : comment retrouver , après un déménagement forcé, l'amitié qui l'a construit ? Et pour conclure, appréhender sa force de conviction !
Lecture forte à recommander !

mercredi 30 mars 2011

LA VIEILLE ANGLAISE ET LE CONTINENT, Jeanne A Debats ****

Nouvelle 2008 - 1er roman
Editeur Griffes d'Encre, ah la belle mascotte éponyme !
Illustrateur Christophe Sivet


Résumé :
Avec cette très émouvante histoire d’une vieille dame, ancien professeur de biologie marine, investissant le corps d’un grand cachalot, Jeanne-A Debats signe une oeuvre originale et poétique. Certaines personnes sont si profondément attachées à la Vie sous toutes ses formes, tous ses aspects, qu'elles consacrent leur existence à sa préservation, quitte à sacrifier celle des autres... Anne Kelvin, elle, lui consacrera sa mort.


Mon P'tit Blog:
Mais qu'est-ce donc qu'une « mnèse » ? La transplantation d’une âme d’un corps dans un autre. C'est de la SF ! et pourtant on aimerait bien que cela fonctionne tant c'est beau, tant l'auteur donne l'occasion de créer des ponts merveilleux entre le monde animal et nous et une belle réflexion sur notre comportement vis à vis de notre planète. Ce petit livre est une belle découverte ! Je vais suivre l'éditeur, il paraît que le niveau de publication est constant !