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jeudi 22 mai 2014

Un zoo en hiver, Jirô Taniguchi ****

Kyôto, 1966. Le jeune Hamaguchi, employé d’une société de textile en gros, n’a pas la fibre de la plupart des gens de son âge. Plutôt que de fréquenter les clubs de sport, il préfère assouvir sa passion du dessin en allant croquer sur le vif les animaux du zoo de la ville. Mais même ce dérivatif ne suffit pas à combattre l’ennui qu’il ressent. Dès l’année suivante, sollicité par un ami de lycée, Hamaguchi part pour la capitale, Tôkyô. C’est là, un peu par hasard, que sa route croise celle d’une communauté professionnelle un peu particulière: celle des auteurs de bande dessinée, les mangakas… Pour la première fois, Jirô Taniguchi opte pour un registre explicitement autobiographique, convoquant ses souvenirs de jeunesse et son parcours d’auteur. Un beau récit d’apprentissage en bande dessinée, où l’on retrouve la finesse et l’élégance qui ont fait le succès du maître japonais auprès des lecteurs de langue française. télérama

mardi 20 mai 2014

J'étais derrière toi, Nicolas Fargues ***

« C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure. J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est. J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je n’ai pas connu de guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre. »

jeudi 15 mai 2014

Jiddu Krishnamurti a dit...


"Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale d'être bien adapté à une société malade."

dimanche 30 mars 2014

Extrait, Dan Simmons



« Mais vous admettez que c’est l’un des plus beaux panoramas du monde ? Elle haussa les épaules.
-         Spectaculaire, oui.
-         Ce n’est pas la même chose que beau ? demanda-t-il en souriant.
-         Pas vraîment. Un spectacle, c’est ce qui est facilement accessible à une sensibilité un peu émoussée. Tel est du moins mon point de vue. Ce genre de paysage est difficile à ignorer. Un peu comme une aria de Wagner.
Il fronça les sourcils
-         Vous ne trouvez donc pas le parc des Glaciers magnifique ?
-         Je ne le trouve pas subtil.
-         La subtilité, c’est si important que çà ?
-         Parfois, une chose doit être subtile pour pouvoir être vraîment belle.
-         Citez-moi, un endroit subtilement beau, la défia-t-il.
-         La Toscane, dit-elle sans la moindre hésitation. »


Extraits _ Les chiens de l’hiver (Dan Simmons). Traduit de l’américain, 2005

jeudi 29 août 2013

LA PORTE, Natsume Soseki *****


On croit d'abord plonger avec délices dans l'intimité d'un couple sans histoires, assez bien résigné à sa paisible médiocrité et peu à peu, dans le cours de ces vies ordinaires, avec leurs méprises quotidiennes, leurs mouvements secrets et leurs élans de faible amplitude, Sôseki dessine un admirable portrait de couple. Mais les personnages de Sôseki ne passent guère les portes auxquelles ils peuvent timidement heurter : ils rêvent d'affirmer un individualisme qu'ils n'ont pas la force d'assumer et, pétris de remords, incapables de parler à ceux qu'ils aiment, ils s'abandonnent à une triste résignation que l'auteur sait mieux que quiconque dépeindre avec une profondeur et une sincérité magistrales.



UN HOMME de Philip Roth *****

Détails sur le produit

Télérama
Médiapart
wikipedia

Un homme. Un homme parmi d'autres. Le destin du personnage de Philip Roth est retracé depuis sa première et terrible confrontation avec la mort sur les plages idylliques de son enfance jusque dans son vieil âge, quand le déchire la vision de la déchéance de ses contemporains et que ses propres maux physiques l'accablent. Entre temps, publicitaire à succès dans une agence à New York, il aura connu épreuves familiales et satisfactions professionnelles. D'un premier mariage, il a eu deux fils qui le méprisent et, d'un second, une fille qui l'adore. Il est le frère bien-aimé d'un homme sympathique dont la santé vigoureuse lui inspire amertume et envie et l'ex-mari de trois femmes, très différentes, qu'il a entraînées dans des mariages chaotiques. En fin de compte, c'est un homme qui est devenu ce qu'il ne voulait pas être. Ce roman puissant - le vingt-septième de Roth - prend pour territoire le corps humain. Il a pour sujet l'expérience qui nous est commune et nous terrifie tous.

« Seulement, le mariage était devenu une prise, de sorte qu’après s’être beaucoup torturé l’esprit pendant ses heures de travail et ses heures d’insomnie, il avait commencé, par à-coups et dans la douleur, à creuser le tunnel de la liberté ».

« Ici-bas, où les hommes ne s’assemblent que pour s’entendre gémir,
Où la paralysie fait trembler sur le front un triste reste de cheveux gris,
Où la jeunesse devient blême, spectre d’elle-même, et meurt,
Où le simple penser est comble du chagrin…
         John Keats, « Ode à un rossignol » 1968