Gwenaëlle Abolivier est journaliste et écrivaine. Pendant 20 ans, elle
parcourt le monde en tant reporter radio pour France Inter. Passionnée
par l’univers maritime, elle embarque sur des porte-containers,
cargo-mixtes ou chalutiers de pêche, de la Tasmanie aux îles Marquises,
du canal du Panama à la péninsule Antarctique.Aujourd’hui, elle
privilégie l’écriture littéraire et documentaire. Tu m’avais dit Ouessant a obtenu le prix Marine Bravo Zulu. Gwenaëlle est l’auteure de livres pour la jeunesse : Alexandra David-Néel, une exploratrice sur le toit du monde, Te souviens-tu de Wei ? ou encore Qui a vu Monsieur Corbu ?
Ici sont consignés résumés, synopsis, avis sur des lectures ou films, des extraits, des vidéos sur mes rencontres, découvertes, de ce qui alimente rêves ou utopies et m'engage à les transformer... Sont traités aussi dans les sous-rubriques l'actu littéraire, 'les auteurs à suivre', de la poésie ou du slam, de la littérature jeunesse, de la philo, de la psycho, des blogs pour comprendre, de la musique et quelques photos de nature. Bonne visite !
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jeudi 21 septembre 2023
Découvrir Gwenaëlle Olivier
mercredi 6 septembre 2023
Seules les bêtes, Colin Niel
Résumé :
Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d’un sentier de
randonnée qui fait l’ascension vers le plateau où survivent quelques
fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n’ont
aucune piste et que l’hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent
pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, elles prennent la
parole et chacune a son secret, presque aussi précieux que sa propre
vie. Et si le chemin qui mène à la vérité manque autant d’oxygène que
les hauteurs du ciel qui ici écrase les vivants, c’est que cette
histoire a commencé loin, bien loin de cette montagne sauvage où l’on
est séparé de tout, sur un autre continent où les désirs d’ici battent
la chamade.
Avec ce roman choral, Colin Niel orchestre un récit
saisissant dans une campagne où le monde n’arrive que par rêves
interposés. Sur le causse, cette immense île plate où tiennent quelques
naufragés, il y a bien des endroits où dissimuler une femme, vivante ou
morte, et plus d’une misère dans le cœur des hommes.
Mon p'tit Blog : En lisant Seules les bêtes, j'ai été soufflée par une écriture nouvelle. Quoi d'autre, je vais donc défricher l'oeuvre entière !
De cet univers romanesque, noir peu s'en faut, on revient séché.e sans
doute par la magie des Causses, mais plus encore par des portraits
saisissants d'individus aux parcours authentiques, bien seuls à braver
leur destin, courageusement et sans audace.. La vie est là aussi
simplement.
Une très belle écriture fluide que celle de Colin Niel
(riche parcours de vie) qui invente des Mondes singuliers : ils n'ont
presque rien en commun sinon des routines et pourtant tous concernés,
reliés par quelques fils ténus bien réels.
Une intelligence et une belle sensibilité sont à l'oeuvre tout du long.
Quel plaisir de lire !!
vendredi 1 septembre 2023
Eden, Sophie Guerrive
Mon p'tit Blog : Les couleurs et le graphisme d'Eden
nous portent ailleurs. Dans un espace temps où notre regard peut être
apaisé, consolé, ressourcé, sa force onirique et symbolique nous
entraîne. Conseillé par ma libraire préférée au Bois Jaune, c'est une
invitation à se laisser guider parfois aussi, sans à priori. Belle
découverte.
lundi 14 août 2023
Par les routes, Sylvain Prudhomme
Résumé :
«J’ai retrouvé l’autostoppeur dans une petite ville du sud-est de la
France, après des années sans penser à lui. Je l’ai retrouvé amoureux,
installé, devenu père. Je me suis rappelé tout ce qui m’avait décidé,
autrefois, à lui demander de sortir de ma vie. J’ai frappé à sa porte.
J’ai rencontré Marie.»
Avec Par les routes, Sylvain Prudhomme raconte la force de l’amitié et
du désir, le vertige devant la multitude des existences possibles.
Mon p'tit Blog : C'est
sur une playlist suggérée de Deezer, ouverte sur Famous Blue Raincoat,
que je m'engage à restituer de cette magnifique lecture.
J'ai aimé les personnages de la belle Marie qui m'a donné l'envie de
livres, Sacha et sa présence sereine, l'autostoppeur dont
l'absence de prénom va participer à son besoin de distance si ce n'est
d'éloignement.
Ils ont mis mon regard sur les routes, de toutes nos indécisions (pour
les plus vulnérables d'entre nous), de nos besoins aussi de statuer de
tout si souvent... Plutôt que de laisser couler, non pas par abandon ou
par renonciation, mais pour confier nos incompréhensions et nos manques à
la route, avec confiance. La route, le chemin quoi, à chacun. e la
sienne...
Une très belle lecture, que le titre de Léonard Cohen
vient faire résonner. On se dit alors qu'une certaine vérité est là, un
peu triste mais si douce, qu'elle se partage. L'amour plus fort que la
liberté, l'envie d'être en chemin quand on devine qu'il se dissout.
Cet élégant trio de personnages - à minima- exprime au long des pages et
de leur vie qu'ici toute colère est inutile en définitive.
Un livre mélancolique à certains égards, mais lumineux sur l'altérité, le voyage _le vrai_ et la rencontre.
En fermant le livre, j'entends en écho et pour longtemps encore : " Et
il lui fait cette déclaration dont je ne pense pas que beaucoup de longs
poèmes l'égalent en beauté, en justesse, en conscience de
l'impermanence des choses de ce bas monde : je suis heureux que tu te
sois trouvé sur ma route. Parole de voyageur. Parole d'habitué des
routes, des carrefours, des rencontres. Parole de vrai amoureux de la
vie, reconnaissant aux surprises qu'elle réserve. "
Et j'observerai Orion la nuit en évoquant la magie de Sylvain Prudhomme par les routes...
lundi 7 août 2023
Les débuts, Claire Marin
Résumé :
Quels sont les débuts qui rythment notre existence ? Qu'est-ce qu'un beau début dans la vie ?
Le
commencement se présente à nous de multiples façons : un scintillement
(la naissance d'un enfant), une catastrophe (la perte d'un être cher),
une découverte, une peur de l'inconnu... Les débuts sont aussi
l'excitation de la nouveauté, la crainte de l'incertitude, l'espoir de
se découvrir et de se surprendre.
Dans un essai sensible, à la fois
intime et universel, Claire Marin interroge nos premières fois et nos
recommencements sous le double angle du savoir philosophique et de son
expérience personnelle.
Mon p'tit Blog : Je
suis bluffée de la puissance évocatrice et de la fluidité de l'écriture
de Claire Marin. Mon troisième livre en lecture... et une nouvelle
quête dont je sors émerveillée et nourrie ! J'ai trouvé particulièrement
foisonnante cette exploration aux confins de nos débuts, du sentiment
de vivre à la fugacité et l'innocence des commencements.
J'ai été moins intéressée par le développement des débuts amoureux.
Eclaircir avec des mots simples des notions enrichies de nombreuses
références, parfois philosophiques, de ce qui participe de la fragilité
de nos vies est d'une richesse extraordinaire pour tout lecteur curieux.
Un livre qui fait du bien, qui met sur la voie, comme une caresse...
jeudi 3 août 2023
La faiseuse d'étoiles, Melissa Da Costa
Résumé :
« Tu m’as appris une leçon essentielle aujourd’hui. Je croyais bien
faire mais c’est toi qui as raison. On cherche toujours le bonheur loin
de chez soi. On croit qu’il se trouve dans l’exotisme, de paysages
différents, de senteurs nouvelles, de bâtiments imposants. Ce n’est pas
toujours vrai, n’est-ce pas ? Parfois le bonheur, c’est juste être assis
sur une butte tous les trois. »
À travers une histoire
bouleversante, Mélissa Da Costa nous prouve une fois de plus que
l’imagination n’a pas de limite, et qu’il n’existe pas de meilleur
pouvoir que l’amour pour guérir les blessures les plus profondes.
Mon p'tit Blog : Ce
n'est pas le livre que je préfère de Mélissa da Costa. Je ne parviens
pas à croire à cette mère qui livre son enfant à un imaginaire aussi
construit : il ne pouvait y grandir et devait forcément s'en affranchir,
plus seul encore avec un sentiment de trahison inévitable.
Mentir à son enfant dans la durée (en y mêlant d'autres membres de la
famille), alors qu'une fin de vie permet de se révéler, en évoquant
l'amour et la force des liens qui unissent au-delà de l'absence...
J'aurais préféré les voir explorer d'autres chemins, sous la belle plume
de l'auteure.
La question essentielle posée par La Faiseuse d'étoiles
est donc de comprendre pour qui elle a eu autant d'imagination, si ce
n'est pour elle même ! Tant est puissante la douleur de laisser son
enfant derrière soi et en cela on ne peut que rejoindre son intention de
s'y soustraire...